Logo Atipik Group
BASCO

Acte 3 · Bac en poche… et puis quoi ? · 30 sept 2026

J-2 19:45:47
Franck Epoma

Grève des enseignants : à Yaoundé I, la rentrée tourne au surplace

15 septembre 2026 — Atipik Group

Grève des enseignants : à Yaoundé I, la rentrée tourne au surplace

La reprise des cours était annoncée ce lundi 14 septembre 2026 pour les niveaux 2, 3 et les Master 1. Ce mardi matin, plusieurs filières de l'université de Yaoundé I attendent toujours leurs enseignants. Sur le campus, étudiants désœuvrés, secrétariats fermés et amphithéâtres vides racontent une grève qui s'installe dans la durée.

Franck EPOMA (Stagiaire)

Ce mardi 15 septembre au matin, le campus n'a pas retrouvé son effervescence de rentrée. Devant plusieurs amphithéâtres, des étudiants patientent, téléphone à la main, ou se regroupent pour commenter la situation ; d'autres, plongés dans leurs documents, prennent leur mal en patience. Devant l'amphi 502, Géraldine Youmbi, étudiante en sociologie, Master 1, espère encore : « On est censés avoir cours ce matin ici à l'amphi et jusque-là, rien à signaler… je pense qu'on va rentrer tout à l'heure. » Un peu plus loin, Junior Niembong, étudiant en physique, Master 1, ne cache plus son agacement : « Hier on est venus, aujourd'hui encore on vient, et toujours rien. Je pense que ce sont toutes les filières qui sont concernées », dit-il, avant de nuancer : « mon camarade de biochimie m’a quand mêmerapporté qu'un enseignant est tout de même venu lundi ».

Direction ce département, justement, où la porte du secrétariat reste close. Un enseignant présent sur place, sous couvert d'anonymat, confirme : « Le secrétariat est encore fermé. Il y a grève. Et tant qu'on ne résout pas la situation des enseignants, les choses ne vont pas reprendre d'aussitôt. »  Le mouvement inquiète aussi les étudiants en fin de cycle. Falonne, en Licence 3 de mathématiques, rentrait déjà chez elle alors qu’il n’était que 10h passé : « Il n'y a pas cours depuis hier et ça me dérange beaucoup. Après, on va entendre seulement qu'il y a CC, pourtant on n'a rien fait », redoute-t-elle. Le tableau n'est pourtant pas uniforme : dans certains départements tels qu’au niveau des sciences de l’éducation, des tables d'orientation restaient dressées pour l’orientation des nouveaux étudiants. Et à l'amphi 1001, un groupe assurait avoir cours ce matin-là ; la salle était finalement occupée par un concours, sans lien apparent avec la grève.

Cette paralysie s'inscrit dans un mouvement de grève illimitée lancé le 3 septembre par le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), qui touche plusieurs universités publiques. Une réunion de crise convoquée le 11 septembre par le ministre d'État chargé de l'Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, n'a pas eu lieu : le syndicat l'a déclinée, invoquant un délai trop court et l'absence d'ordre du jour précis. Le Synes propose une reprise des discussions entre le 15 et le 18 septembre. En attendant une issue, c'est le calendrier académique qui vacille : entre étudiants espérant un cours de dernière minute et activité administrative au ralenti, le campus de Yaoundé I offre, ce mardi, l'image d'une rentrée suspendue.

Partager cet article :